Méfiez-vous des préjugés ! C’est en substance ce que l’on pourrait dire de Salim Kechiouche tant il use et abuse des rôles à contre-emploi.  Acteur heureux et 1er rôle masculin dans le film d’amour qui se conjugue au féminin « La vie d’Adèle », c’est à peine 3 jours avant la remise de la palme d’Or que je rencontre Salim Kechiouche sur la plage Magnum durant le 66eme festival international du film de Cannes.

Salim Kechiouche

Salim Kechiouche

Retour sur une interview chaleureuse entre 2 bouchées chocolatées et savoureuses :

 AblaCarolyn : Bonjour Salim, tu viens de monter les marches pour le film « La vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche dans lequel tu joues aux côtés de Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, quelles sont tes premières impressions ?

Salim Kechiouche : Bonjour Carolyn ! Ecoute, je viens de le visionner moi aussi pour la 1ere fois et je suis bouleversé par la justesse de ce film ! Abdellatif Kechiche a su filmer avec audace les scènes charnelles tout en conservant une grande part de sensualité.

Abla : Comment s’est passée ta rencontre avec Abdellatif Kechiche ?

Salim : C’était un rêve pour moi de tourner avec lui ! Tout cela a été très rapide. Au départ, je devais tourner à peine 3 jours. Et au fur et à mesure les scènes se sont enchaînées et  Abdellatif a fait évoluer mon personnage au point que je suis resté jusqu’à la fin. J’ai beaucoup aimé être dirigé par lui, j’espère vraiment pouvoir renouveler l’expérience.

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Abla : Tu as débuté ta carrière très tôt à l’âge de 14 ans. Comment tout a commencé pour toi ?

Salim : C’était à Vaux en Velin dont je suis originaire. J’ai été repéré par Gael Morel qui m’a fait débuter dans « A grande Vitesse ». Par la suite, François Ozon qui avait vu le film, m’a proposé de jouer dans le sien.  Au départ, je n’avais pas particulièrement envisagé une carrière d’acteur, moi ce que j’aimais c’était la boxe et d’ailleurs je pratiquais beaucoup (ndlr : champion de kick boxing 98 et vice-champion de muay thaï (boxe thaïlandaise) en 1999 et en 2002). C’est donc, grâce à ce sport que j’ai j’ai joué mon premier rôle dans le film de François Ozon « Les Amants Criminels ». C’est celui-ci, qui m’a révélé l’amour du métier, l’envie de réaliser ce rêve, à la base impossible, pour quelqu’un comme moi qui vient d’un quartier plutôt difficile.

Abla : Tes rôles dans « Grande Ecole » ou « Le Clan » ont fait de toi une « quasi icône » gay. Pourquoi avoir choisi ces rôles ? N’as-tu pas eu peur de t’enfermer dans un personnage ?

Salim : Le métier d’acteur consiste à prendre des risques. C’est important pour moi de lutter contre les discriminations quelles qu’elles soient. J’aurais pu, oui, par ces rôles être catalogué. Mais, au contraire, cela m’a permis d’évoluer vers d’autres personnages et la preuve en est aujourd’hui avec la Vie d’Adèle où je joue le rôle d’un comédien en devenir et le petit ami d’Emma (Léa Seydoux) ou mon rôle d’Orion dans la série Odysseus (ndlr : diffusion sur Arte à partir du mois de juin).

Abla : Si bien sûr on retient ta montée des marches pour la vie d’Adèle récompensée par une palme d’or, ce n’est pas la première fois de la dizaine que tu les montes ?

Salim : c’est exact ! j’ai monté les marches également pour un court métrage « Rock’nbled » de Touria Benzari. C’est essentiel pour moi d’alterner les projets. J’essaye de participer au moins à un ou 2 films courts chaque année. Je trouve cela important de soutenir un cinéma qui contient  un tel vivier de jeunes réalisateurs talentueux !

je tiens à préciser que je suis au 10eme jour de mon FIF là #etçasevoit

je tiens à préciser que je suis au 10eme jour de mon FIF là #etçasevoit – ABLA

Abla : Justement, en parlant de soutien,  tu es engagé dans une association qui te tient à cœur ?

Salim : Effectivement ! Elle se nomme justement As de Cœur. C’est une association qui regroupe des comédiens, des humoristes, des sportifs français au profit de différentes associations humanitaires. Avec notre petite notoriété nous essayons de faire bouger les mentalités, soutenir différentes causes par des manifestations sportives.

Abla : Tu as encore énormément d’actualités en cours, peux-tu nous parler des différents projets à venir ?

Salim : Je serai à l’affiche de Paris à tout prix (aux côtés de Florence Foresti, François-Xavier Demaison, Reem Kherici) qui sortira le 17 juillet. Sur Arte pour Odysseus dont on a brièvement parlé tout à l’heure dès le mois de juin et enfin Etre de Bruno Solo qui est un film chorale sur 8 destins qui se croisent en l’espace de vingt-quatre heures.  Et bien sûr : un court-métrage !  Il est en tournage actuellement : Voyoucratie de FGKO.

Salim nous quitte après avoir encore pris le temps de nous offrir une séance photo improvisée aux côtés de son ami l’acteur, Eric Kara, qui fait partie également de l’association As de cœur.

Eric Kara et Salim Kechiouche

Eric Kara et Salim Kechiouche

Vous êtes un homme ? vous êtes une femme ? vous êtes homo ou hétéro ? Peu importe, je prédis que vous tomberez tous sous le charme (si ce n’est pas déjà fait) de cet acteur  au regard de braise, aux muscles saillants et au cœur tendre !

Allez, je vous quitte avec la bande annonce de Paris à tout prix :

A bientôt,

AblaCarolyn