Flash-Back :

« Abla, on se fait la montée de 19 h pour Haneke ? »

« Ça dépend, y aura Albane ou pas ? » Non, je rigole. Pour être honnête, j’avais déjà essayé de voir un film de Michael Haneke : Le Ruban Blanc (récompensé lui aussi par une palme d’or, il y a 3 ans).

Résultat du crash test : Haneke : 1 – AblaCarolyn : 0 (me suis endormie au bout de la 25eme seconde).

Donc, naturellement, je n’étais absolument pas emballée pour voir « Amour ».

Flash-Back n°2 :

« Quoi ? C’est Haneke qui a reçu la palme ?  Mais on l’a pas vu celui-ci !!! ».

@Mar1e dans la loge du Jury

Séance de rattrapage à 22H15, gracieusement offerte aux Cannois le lendemain suivant la cérémonie de clôture et toujours sur le tapis rouge…une dernière fois.

Le pitch : Un couple de professeurs de musique à la retraite, Anne et Georges,  voient leurs vies basculer suite à l’attaque cérébrale d’Anne.

La Critique d’AblaCarolyn :

De prime abord, drôle de titre (c’est la seule chose de drôle dans le film, hein), pour ce drame qui se joue à huis clos dans un appartement haussmannien. Ce film nous raconte la lente et inéluctable fin d’un couple âgé face à la maladie. L’atmosphère y est pesante, l’action longue comme dans un livre de Balzac, mais d’une incroyable et tragique beauté. Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, sont poignants de justesse et Isabelle Huppert, toujours aussi présente malgré le peu d’apparitions dans ce film.

3ans après « le Ruban Blanc », c’est toujours avec le même souci  du détail, la même volonté de révéler ce qui ne se voit pas, ce qui ne s’entend pas, que Michael Haneke nous livre un film qui, sans nul doute, ne laissera personne indemne.

L’art de raconter le quotidien d’évènements qui ne le sont pas avec une incroyable pudeur, ponctués par des scénettes d’une violence psychique inouïe et qui nous renvoient à notre propre définition de notre devenir – ou de notre avenir ? Là, à la toute fin du film, on comprend enfin le sens du mot « Amour ». Un film qui laisse la part belle à la méditation et à l’interprétation.

Bon, ça c’était la critique cinéma genre « ouais, trop bien, c’est beau, c’est intello !!! »

Au second degré, je dirais :

– Si la plupart des longueurs du film se justifient, au bout d’un moment on commence à le connaitre par cœur le Haneke et on

AblaCarolyn et @Mar1e, une dernière fois sur les marches

se dit : « mais tu ne veux pas gâcher la pellicule c’est ça en vrai ? » Ou  » t’avais pas de monteur dispo ? « .

Oui, parce que : quand Georges, qui commence à perdre la boule, et coupe chaque fleur pour garder les tiges… Toi, tu le vois bien à côté le bouquet avec ses 12702 fleurs et tu te dis : « Non, Michael, ne me montres pas toute cette action –là, on a compris qu’il coupait des fleurs.  Pourquoi ? On n’en sait rien mais on le sait » Et bien si !!! Tu as le droit, à chacune des fleurs coupées une à une !!! (Soit une action qui dure environ 42 mn du film).

–          Le coup du pigeon ? on n’est pas bien sûr de l’interprétation et franchement, une fois ça passe… 2 euh… on aurait pu l’éviter ?

–          Enfin, si ce film est certes sublimissime, il est sérieusement à éviter le dimanche soir en famille, genre :

« Bon, on se commande une pizza et on se fait un petit filmeuh ? » avec l’accent du Sudeuh, qui chante.

En Conclusion : Si la palme d’Or fait couler beaucoup d’encre chaque année, moi je vous conseille tout simplement d’aller couler une larme devant « Amour » de Michael Haneke pour ne pas rester de marbre …